Vous atteignez votre Nombre FIRE et basculez de l'accumulation à la décumulation. À partir de ce jour, un krach n'est plus une opportunité d'achat : c'est une vente forcée. Si la chute arrive dans les 5 à 10 premières années, vous liquidez des parts au pire prix pour payer vos dépenses. Ces parts ne participent jamais à la reprise. C'est le sequence of returns risk, et il peut faire échouer un plan parfaitement calibré sur la moyenne.
En accumulation, un krach vous fait acheter moins cher. C'est un cadeau. En décumulation, c'est l'inverse mathématique : pour payer vos 40 000 € de l'année, vous vendez plus de parts quand le marché est à -30 %. Concrètement, vous liquidez 1,4× plus de parts pour le même chèque. Ces parts cédées en bas du cycle ne profitent jamais de la reprise. L'effet est asymétrique et irréversible.
La bonne nouvelle : le risque de séquence est concentré dans les 5-10 premières années de retraite. Après, si votre capital a survécu, l'effet de croissance prend le relais.
Capital de départ identique (1 000 000 €), retrait identique (40 000 €/an), rendement moyen identique sur 20 ans (7 %). Alice enchaîne deux bonnes années (+25 %, +15 %) avant un krach en année 10. Bob commence par -30 % et -10 %, puis les mêmes bonnes années arrivent ensuite. Résultat après 20 ans : Alice à 1 200 000 €, Bob à 350 000 €. Même moyenne, écart de 850 000 €.
Le rendement moyen seul est trompeur. Deux portefeuilles à 7 % de moyenne peuvent finir avec un facteur 3× d'écart. C'est pour ça que Monte Carlo est indispensable en décumulation : la méthode teste des milliers de séquences possibles et renvoie un taux de succès, pas une moyenne. Un plan FIRE qui n'a pas été stress-testé en Monte Carlo n'est pas un plan, c'est un pari sur la chance.